La première version de l'Open Knowledge Format répondait à une question simple : comment écrire la connaissance d'une organisation pour qu'un agent puisse la lire ?
La v0.2, publiée début septembre 2026, répond à une question plus difficile. Comment faire confiance à une connaissance que les agents écrivent eux-mêmes ?
Ce déplacement dit beaucoup de l'endroit où en est l'IA d'entreprise. Il vaut la peine de le comprendre avant de regarder les champs qui changent.
Une connaissance qui n'est plus seulement écrite, mais entretenue
Dans notre premier décryptage, nous présentions l'OKF comme une réponse sobre à un problème ancien : la connaissance d'une entreprise est dispersée, et rarement dans une forme qu'une machine peut exploiter. Un répertoire de fichiers Markdown, un en-tête YAML, des liens entre documents. Rien de plus.
La v0.2 garde cette sobriété. Mais elle part d'un constat que la spécification formule sans détour : un corpus de connaissance n'est plus rédigé une fois puis lu. Il est « continuellement écrit et maintenu par des agents ».
C'est un changement de nature. Tant qu'un humain écrivait la connaissance, sa fiabilité reposait sur l'auteur. Dès lors qu'un agent peut produire, enrichir et mettre à jour des centaines de documents, la question n'est plus de savoir ce qui est écrit. Elle devient : qui l'a écrit, sur quelle base, qui l'a vérifié, et est-ce encore vrai ?
La v0.2 est la réponse de Google à ces quatre questions.
Ce que la v0.2 change concrètement
Le périmètre reste large. L'OKF décrit, selon la spécification, « les métadonnées, le contexte et les connaissances organisées qui entourent les données et les systèmes » : une table, une API, un indicateur, un processus, une idée. Seul le champ type est obligatoire dans l'en-tête de chaque document.
Ce qui évolue, c'est tout ce qui permet de juger de la fiabilité d'un document.
Question | Ce que la v0.2 introduit |
|---|---|
Qui l'a produit, et quand ? |
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Sur quelles sources ? |
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Qui l'a vérifié ? |
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Est-ce encore valable ? |
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Qui est l'auteur, exactement ? | Une convention d'acteurs : |
Deux de ces changements rompent la compatibilité avec la v0.1 : le remplacement de timestamp et celui de la liste de citations. Les autres s'ajoutent sans rien casser.
La v0.2 introduit enfin un type de document nouveau, le calcul attesté (« Attested Computation »). Un agent peut y décrire un calcul — un indicateur, une agrégation — confié à un exécuteur qui renvoie un reçu, puis validé par un attestateur qui vérifie que le calcul correspond bien à celui qui était prévu. La spécification précise qu'elle fixe l'interface, pas la façon de l'implémenter.
De la connaissance écrite à la connaissance attestée
Pris ensemble, ces ajouts dessinent une idée simple. Un agent peut écrire. Un humain peut vérifier. Le format garde la trace des deux.
C'est ce que nous appellerons la connaissance attestée : une connaissance dont chaque élément porte sa provenance, son niveau de vérification et sa date de validité. Elle ne se distingue pas par sa forme — c'est toujours du Markdown — mais par ce qu'elle permet de savoir sur elle-même.
La distinction compte, parce qu'elle recoupe celle qui sépare, dans les projets d'IA, le réel du décor. Un corpus généré sans contrôle peut avoir l'apparence de la connaissance sans en avoir la fiabilité. Un corpus attesté peut, lui, servir de fondation à des agents en production, parce qu'on sait à tout moment ce qui a été produit par une machine, ce qui a été relu par un humain, et ce qui a vieilli.
Pour une direction des systèmes d'information, c'est le vrai sujet. Les agents rendront la production de connaissance presque gratuite. Ce qui restera rare, c'est la confiance qu'on peut lui accorder.
Ce que la v0.2 ne dit pas
La spécification est volontairement minimale, et il faut la lire pour ce qu'elle est.
Elle ne mentionne ni MCP, ni llms.txt, ni aucun outil ou modèle en particulier. L'OKF reste un format d'échange, indépendant de la manière dont il sera consommé. Elle est permissive : un lecteur conforme ne doit pas rejeter un document pour un champ inconnu, un type non répertorié ou un lien cassé. Et elle porte encore un numéro 0.x, ce qui signifie que d'autres évolutions, y compris incompatibles, restent possibles.
Adopter l'OKF aujourd'hui n'est donc pas un pari sur un standard figé. C'est un choix de structure : organiser sa connaissance de manière lisible, versionnée et traçable, ce qui garde sa valeur quelle que soit la suite.
Ce que les entreprises peuvent en faire dès maintenant
Rien n'oblige à attendre une version 1.0. Les principes de la v0.2 s'appliquent dès le premier dossier.
Commencer par un domaine borné plutôt que par l'entreprise entière : les indicateurs d'une fonction, la documentation d'un produit, les règles d'un processus. Décider, avant d'écrire, qui a le droit de vérifier quoi — c'est la question que la v0.2 rend explicite, et elle relève de l'organisation plus que de la technique. Marquer d'une date de péremption les connaissances qui vieillissent vite. Laisser les agents produire, mais ne jamais confondre ce qu'ils produisent avec ce qu'un humain a validé.
C'est, au fond, une discipline plus qu'un format. L'OKF lui donne simplement une forme commune.
FAQ
Qu'est-ce qui change dans l'OKF v0.2 par rapport à la v0.1 ? La v0.2 ajoute tout ce qui permet de juger de la fiabilité d'un document : sa provenance (generated, sources), sa vérification (verified, avec un niveau « revu par un humain »), sa validité (status, stale_after), une convention pour identifier agents, personnes et traitements, et un nouveau type de document, le calcul attesté. Deux changements sont incompatibles avec la v0.1 : timestamp est remplacé par generated, et la liste # Citations par le champ sources.
L'OKF concerne-t-il seulement les catalogues de données ? Non. La spécification vise plus largement « les métadonnées, le contexte et les connaissances organisées qui entourent les données et les systèmes » : tables et API, mais aussi indicateurs, processus et concepts.
L'OKF remplace-t-il MCP ou `llms.txt` ? Non. La spécification ne les mentionne pas. L'OKF décrit la forme de la connaissance ; MCP décrit la façon dont un agent accède à des outils et à des données. Les deux sont complémentaires.
Faut-il attendre la version 1.0 pour l'adopter ? Pas nécessairement. Le format est encore susceptible d'évoluer, mais sa base — du Markdown versionné avec un en-tête YAML — est simple à faire migrer. Les principes de provenance et de vérification ont de la valeur indépendamment du standard.
Origin 137 accompagne les ETI et les grands groupes dans la structuration de leur connaissance pour les agents IA : organisation des corpus, circuits de vérification, intégration aux systèmes existants. Échanger avec nos équipes.
Pour aller plus loin :
- Open Knowledge Format : rendre la connaissance de votre entreprise lisible par les agents IA
- Guide MCP en entreprise
- RAG en production
- Qu'est-ce que le grounding ?
- Observabilité et évaluation des agents en production